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Semaine 13 - 2009

Un parti pour les animaux qui débute rencontrera forcément des obstacles. L’un des obstacles à parer sans cesse est de recevoir le reproche de ne pas se distancier suffisamment des violences pratiquées par les militants défenseurs d’animaux. Non pas pour le fait que cela serait le cas, mais on s’attend à ce que vous vous en distanciez pour une autre raison. C’est que les militants sont aujourd’hui un nouveau groupe de suspects, considérés comme des subversifs, des lutteurs contre le pouvoir ou des renverseurs de la société civilisée. La semaine dernière notre sénateur Niko Koffeman a écrit un article d’opinion sur ce sujet dans un quotidien néerlandais, le TROUW, et j’aimerais bien le vous faire parvenir:

« Dans sa façon de traiter les animaux, l’humain applique des méthodes extrêmes. Il met le corps de l’animal en toute conscience à la disposition de la science, il utilise l’animal comme cible vivante, il tue des millions de poussins (d’une journée) pour la simple raison qu’ils sont de sexe masculin, il gave des oies pour leur faire gonfler le foie jusqu’à dix fois la taille normale, il torture des taureaux pour s’amuser, etc. Les Pays-Bas, ayant la plus grosse densité de bétail au monde, n’ont pas les mains propres. Il n’est pas possible de le voir dans nos prés, et pourtant il faut savoir que de notre élevage industriel, plus de 500 millions d’animaux souffrent et meurent chaque année.

De plus en plus de gens ne peuvent plus accepter cela. Ils se rendent compte que la vie de l’animal a autant de valeur que celle de l’humain. Les Pays-Bas connaissent plus de 4 millions de protecteurs organisés dans des mouvements d’animaux, de nature et d’environnement, et c’est le premier pays au monde ayant un parti pour les animaux avec déjà 20 représentants et délégués.

Mais les Pays-Bas connaissent en même temps un parlement qui ne fait rien contre la disparition de l’anguille, avec un sang froid, à cause des intérêts à court terme des pécheurs et des mangeurs de sandwiches à l’anguille. Cela crée donc des frictions. Et des reproches d’extrémisme. Le mot ‘extrémisme’ se voit toujours intimement lié aux idées de celui qui l’emploie. Pour certains c’est de l’extrémisme que de fonder un parti politique dont le sujet principal n’est pas l’humain, mais l’animal, la nature et l’environnement.

Pour d’autres une forme d’extrémisme consiste à autoriser l’utilisation d’une telle quantité d’antibiotiques par les agriculteurs, que la santé public est en danger suite à des contagions en masse de la bactérie MRSA chez l’homme et l’animal. Ou bien autoriser à l’industrie de la viande de vendre des produits contaminés par la salmonelle et par la bactérie campylobacter qui sont la cause du décès de centaines de personnes et qui rendent malades chaque année des centaines de milliers d’autres personnes. Ou bien, suite à l’avertissement de l’OMS d’une pandémie H5N1 prévoyant des millions de victimes, de ne préparer le monde qu’avec un scénario de ‘se dire bonjour avec le coude’ afin d’éviter une éventuelle contamination. Nous savons par le Bureau de projets pour l’Espace vital que les frais pour une maîtrise du climat, indispensable et incontournable, pourraient baisser de 50 à 70% en appliquant une politique sérieuse afin de réduire la consommation de viande, mais le gouvernement continue sa politique disant ‘après nous le déluge’.

Et c’est cela qui incite une infime partie de ces 4 millions de défenseurs d’animaux, de nature et de l’environnement à entraver la loi. Infime partie, car lorsqu’on lit les rapports des Services de Renseignements néerlandais à ce sujet, il faut admettre qu’il ne s’agit ici, parmi ceux qui défendent l’animal, la nature et l’environnement, que tout au plus d’un pourcentage de 0,025 pour mille. Certes, il faut condamner leurs infractions, mais le cadre judiciaire actuel offre à l’État suffisamment d’outils pour y remédier. Ce phénomène n’a rien à voir avec le terrorisme, et l’agrandissement que l’on y prête est largement exagéré et hors proportions, même pour ceux qui réfutent toute forme de violence, comme le fait le Parti pour les Animaux.

D’après Tertullianus (librement interprété) le sang des animaux chassés, des animaux de laboratoire et des animaux de l’industrie serait la raison de la lutte de ces militants.
Les gens qui luttent pour la défense des animaux ne sont pas des criminels. Et l’on ne devraient pas non plus les criminaliser en les forçant à signer des contrats se déclarant fidèles à la loi. Ils ne devraient pas non plus être sans arrêt harcelés par des questions comme ‘mais qu’est-ce qu’ils en pensent, eux, de ce radicalisme des militants défenseurs d’animaux ?’.

Tout comme les représentants du parti Libéral ne sont pas soumis à signer un contrat comme quoi ils se distancieront du comportement des rapaces dans les banques et dans les compagnies d’assurance, il doit être aussi évident de ne pas se méfier des défenseurs d’animaux pour leur compassion pour l’animal.

Une des tâches de l’État est de rechercher des suspects de crimes et de les soumettre à la justice, non pas celle d’exprimer des soupçons contre qui que ce soit. »

Niko Koffeman, membre du Sénat pour le Parti pour les Animaux aux Pays-Bas.

Une bonne nouvelle tout de même pour conclure, car la semaine dernière le magazine espagnol ’20 minutos’ a organisé une élection des ‘plus beaux politiciens’ dans le monde. Et devinez quoi, j’y figure, à la 15e place ! Le vote est encore ouvert ;-)

Il est curieux tout de même de voir que dans cette élection de beaux politiciens sont féminins par définition. Enfin, je préfère voir les Espagnols regardant les femmes plutôt que les taureaux…


À la semaine prochaine