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Semaine 18 - 2009

La semaine dernière les néerlandais ont été choqués par l’attentat visant la Famille Royale le 30 avril dernier, journée nationale de la fête de la Reine. La journée avait commencé traditionnellement par le défilé de la famille Royale faisant le tour de la ville en bus. Le convoi venait de traverser un grand carrefour, lorsqu’un homme, agent de sécurité récemment licencié et ne pouvant plus régler son loyer, a foncé avec sa voiture à grande vitesse sur la foule, écrasant et entraînant plusieurs personnes qui attendaient derrière les barrières le passage de la Reine. Il a essayé ensuite de heurter le bus de la Famille Royale, mais ne l’a pas atteint. Au total il a touché 27 spectateurs, dont 6 sont décédés depuis.

C’est un drame affreux, qui évoque de vives réactions. Après un évènement pareil, on remarque tout de suite la tension accumulée dans notre société, exprimée automatiquement par la population après des évènements comme ceux-ci.

La première question que les gens se posent est ‘quelle était la couleur de peau de l’auteur ?’

Serait-il probablement un musulman, cachant des actes terroristes en exécutant son acte ? Mais aussitôt que l’on ait constaté que l’auteur était blanc, les forums du web se sont mis à spéculer que l’auteur serait un militant de la lutte pour les animaux. Puisque la Reine, ne porte-t-elle pas de fourrures, n’approuve-t-elle pas les parties de chasse dans les Forêts Royales, et ne fut-elle pas rayée de sa fonction de protectrice pour l´association de la protection des animaux aux Pays-Bas ?

Lors de grands incidents traumatisants on se met tout de suite à rechercher le profil du criminel, risquant de stigmatiser directement tout un ensemble de personnes visées.

Ce phénomène peut être dangereux mais il est en même temps très instructif. Il rejoint aussi parfaitement les idées préconçues. Le FBI par exemple diabolise les musulmans et les protecteurs d’animaux comme étant les plus grands dangers pour l’État de droit démocratique. Et lorsque le citoyen se voit affronté à un incident qui dépasse son imagination, on voit que ses pensées vont en premier dans la direction de deux groupes précis.

Dans ce cas-ci, l’auteur du crime s’est avéré être un ancien vigile au chômage, et à ce qu’il paraît n’était lié à aucun mouvement de la société , ni sur le plan idéologique, religieux, politique ou social. On suggère qu’il s’agirait d’un homme divorcé, suspendu du droit de voir ses enfants (comme en Argentine on parlait de ‘mères folles’, ici on pourrait l’appeler ‘un père fou’) ; toutefois ces informations n’ont pas été confirmées, mais ne mènent pas pour autant à une stigmatisation d’autres hommes se trouvant dans une situation comparable.

De plus, l’opinion publique n’a pas ‘soupçonné’ les agents de sécurité en tant que groupe.

Cela n’aurait certainement pas été le cas si l’auteur du crime avait été un musulman ou un militant. On aurait accusé le groupe auquel il appartenait et cela aurait causé des dégâts irréversibles sur l’image de ce groupe.

Dans ce cadre il est donc prudent pour un parti politique débutant de bien peser les liens que l’on crée. Il est primordial de bien délimiter les choix à faire dans la voie démocratique parlementaire afin de pouvoir élaborer les changements sur le plan du droit de l’animal.

Dans un parti politique pour les animaux, les transgresseurs de la loi ne doivent pas avoir leur place, car c’est justement ce parti qui choisit le respect de la législation ou le changement de celle-ci par voie légale.

D’après moi, la seule possibilité de s’en écarter est la désobéissance civile, c’est à dire enfreindre la loi, mais visiblement, afin de démontrer ainsi que la loi n’est pas bonne. Il ne faut surtout jamais agir sournoisement, il faut toujours bien montrer la personne qui transgresse la loi, montrer le but de cette démarche, et en accepter les conséquences, comme par exemple subir un contrôle judiciaire sur l’infraction faite.

Un exemple de désobéissance civile est de cacher des animaux condamnés à être éliminés selon l’État pour combattre une maladie.

La sœur néerlandaise mère Maria l’avait fait lors de la peste aviaire, elle ne s’en est jamais cachée, elle a même dû s’en expliquer devant le juge. Son acte avait un but précis : mettre en évidence le fait que le législateur préfère sacrifier des animaux en parfaite santé en les mettant sur l’autel de l’économie. Cette manière fut bien plus dévastatrice que la peste aviaire en elle-même.

La prochaine fois je vous raconterai davantage sur la création de liens avec divers partis politiques et associations militantes. Car ces choix peuvent être décisifs pour le succès de votre nouveau parti !