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Semaine 10 - 2010

La semaine dernière, les Suisses ont rejeté par référendum la possibilité pour chaque canton de se doter d'un avocat chargé de défendre les animaux maltraités devant les tribunaux. Le non l'a finalement emporté avec 70% contre 30%. L'initiative avait été lancée par la Protection suisse des animaux (le Tierschutzanwalt-Initiative), voulant réduire la maltraitance des animaux. Depuis 1992, dans le canton de Zürich, les animaux bénéficient déjà de soutien juridique, et cela ne changera pas. Malgré l’incompréhension (un cheval au Tribunal ?), le Parti pour les Animaux considère les 30 % ‘oui’ comme un nombre élevé.

La Suisse connaît déjà des lois bien plus protectrices pour l’animal que celles aux Pays-Bas. Les poules ne peuvent pas être gardées dans des cages, les lapins ne doivent pas vivre seuls et les poissons ne peuvent pas être jetés dans les toilettes. Nous n’en sommes pas encore là hélas. J’ai néanmoins l’espoir qu’il y aura des changements. Après les élections législatives du 9 juin prochain notre Parti pourrait constituer le point décisif permettant de constituer un gouvernement avec de l’attention pour les animaux. Une époque chanceuse alors !

La semaine dernière j’ai posé des questions à la Ministre de l’Agriculture Madame Verburg concernant l’abondance d’antibiotiques dans l’élevage industriel. Verburg refuse d’agir contre l’usage de l’antibiotique ‘cefalosporinen’ dans l’élevage du bétail. La ministre veut laisser le secteur lui-même en décider. Nous trouvons cela incompréhensible car l’homme risque ainsi d’en perdre l’efficacité pour lui-même, vu que c’est le dernier remède pour les infections bactériales les plus graves.

Les antibiotiques dans l’élevage industriel devraient être réduits de toute façon. Les Pays-Bas sont l’un des plus gros consommateurs de l’Europe ! La consommation des antibiotiques y a augmenté de 80 % les dix dernières années. Les éleveurs de bétail appliquent les antibiotiques sans hésitation car leurs coûts de production baissent considérablement. Et l’intérêt économique pour les vétérinaires est d’autant plus grand que ce sont eux les fournisseurs.

À part cela, les ‘cefalosporinen’ sont interdits par l’UE dans le secteur de la volaille. Rien que pour cette raison il est incompréhensible de voir le refus de la ministre d’agir contre l’application interdite de ce produit dans l’industrie du bétail. Car qu’est-ce qui l’empêche de l’interdire tout simplement ? Je ne vois pas d’autre explication que celle de la préférence de la ministre pour l’intérêt économique plutôt que celui de la santé publique.

Cette année la campagne électorale des chrétiens démocrates a démarré drôlement tôt, en distribuant 830.000 magazines en papier glacé portant comme titre le prénom de la ministre de l’Agriculture, ‘Gerda’. Le magazine de luxe s’est vu rejeter en majorité cette semaine pendant un débat politique d’urgence, organisé par le Parti pour les Animaux. Les 400.000 euros que le magazine a coûté, payés avec l’argent des contribuables, ainsi que le fait qu’il va à l’encontre des lois néerlandaises sur la communication des affaires d’État, et aussi le fait que le magazine idolâtre le Ministère de l’Agriculture et sa politique, aux frais du contribuable, ce sont des choses inouïes selon le Parti pour les Animaux. Pendant le débat d’urgence Verburg a dit qu’elle n’a jamais eu l’intention de se profiler ainsi. Elle regrette l’image ainsi créée de ‘Gerda’.

La promotion du magazine de luxe de la ministre Gerda Verburg

Mais moi j’ai trouvé ses excuses insuffisantes et j’ai donc proposé une motion de tristesse contre la ministre Verburg. La majorité de l’Assemblée a ensuite exprimé son soutien. Il ne me reste plus qu’à convaincre Madame Verburg d’interdire les antibiotiques dans l’élevage industriel !

À la semaine prochaine !